art, activism and feminist publishing
a research project by Loraine Furter

art, activisme et éditions féministes
un projet de recherche par Loraine Furter

The research project Speaking Volumes takes as its starting point stories of historical feminist publishing practices, weaving links with contemporary initiatives.

The project brings attention to what these publishing practices have in common: issues of representation; protocols of collective work and participative propositions; the questioning of the traditional structures of creation; the highlighting of relational questions through the emphasis on distribution and sharing; the commoning of tools; the blurring of boundaries between art and activism.

Le projet de recherche Speaking Volumes part d’histoires de pratiques éditoriales féministes passées et tisse des liens avec des pratiques contemporaines.

Ce projet s’intéresse à ce que ces pratiques d’édition ont en commun : des questions de représentation ; de protocoles et d’organisations collectives, participatives ; le questionnement des structures traditionnelles de la création ; l’accent mis sur le processus plus que sur le résultat ; la mise en avant de questions relationnelles, de la diffusion et du partage au sein de plusieurs communautés ; la mise en commun d’outils ; la rupture des barrières entre l’art et l’activisme ; et la transdisciplinarité.

Hybrid display allowing to present different forms of publications: paper books, videos, objects, performances, discussions…
Loraine Furter, 2017. Inspired by artist Alison Knowles’ project The Big Book, 1966.

The project The Big Book by Alison Knowles is an 8-feet tall installation-book, or book-installation, which uses the two formats’ distribution channels: “published” by Something Else Press, the joint publishing house of the artist and Dick Higgins, and “exhibited”, first by the Something Else Gallery, at the ground floor of their house in New York, then travelling to the international book fair in Frankfurt, and in several art spaces. The Big Book consists of 8 pages of the scale of a domestic space, built with mobile wooden and metallic structures, covered with paper and translucent materials. The pages demarcate spaces in which are placed things to see, to read, to hear and to live. The Big Book contains a kitchen, an exhibition space, a telephone, toilets, and a sound installation that reveals sounds registered during the construction of the project: sawing, cutting, hammering noises, sounds from the family life around… The book brings together public and private spaces, collective and intimate, domestic ones. It exposes and explodes the architecture of a nuclear family house into a discursive and participative space. The book becomes a scene, and the public/reader is invited to perform activities. The entrance in the book is through a hole in its cover, circled with bulbs and it is possible to literally go through the book, through a window, climbing on a stepladder, crawling in an artificial-grass tunnel. The Big Book is a physical experience, which amplifies the reading experience through a whole body experience.

Alison Knowles, The Big Book, 1966.

Dispositif spatial hybride permettant de rendre public différentes formes de publications : livres papier à feuilleter, projections, objets, performances, discussions…
Loraine Furter, 2017. Inspiré par le projet The Big Book de l’artiste Alison Knowles, 1966.

Livre-installation, installation-livre, The Big Book emprunte les cannaux de diffusion des deux formats : il est « publié » par Something Else Press, la maison d’édition d’Alison Knowles et Dick Higgins, et est « exposé », d’abord dans la Something Else Gallery, au rez de chaussée de leur maison à New York, ensuite à la Foire du livre de Francfort et dans plusieurs galeries d’art. The Big Book est formé de huit pages à échelle humaine, des structures de bois et de métal mobiles et ajustables, couvertes de papier et de matières translucides. Ces « pages » délimitent des espaces mélant des choses à lire, à voir, à entendre et à vivre. The Big Book contient une cuisine, un espace d’exposition, un téléphone, des toilettes, et une installation sonore qui révèle les sons enregistrés durant la construction de l’installation : bruits de scie, de coupe, de clous, de la vie de famille débordant dans l’atelier. Le livre rassemble espaces publiques et privés, intimes et collectifs, domestiques, exp(l)osant l’architecture de la maison de famille nucléaire, ouvrant un espace discursif et participatif. L’espace du livre en devient presque une scène, le public invité à performer différentes activités. L’entrée dans l’installation se fait par un trou dans sa couverture, encerclé d’ampoules, et on peut passer d’une page à l’autre, en les traversant par des fenêtres, à l’aide d’un escabaut, et par un tunnel tapissé d’herbe artificielle. The Big Book est une expérience physique, qui amplifie l’expérience de lecture en mettant au travail tout le corps des personnes qui le parcourent.

Alison Knowles, The Big Book, 1966.

UPCOMING PUBLIC EVENTS

  • Speaking Volumes, conversation n°2 — Strictly Ballroom with Buenos Tiempos, Int.
    Friday 20 October 18h30-20h00
  • Speaking Volumes, conversation n°3 — Zines Nina Nijsten, aka Nina Echozina
    Friday 10 novembre 18h30-20h00
  • Speaking Volumes, conversation n°4 — Cave Club with Roxanne Maillet & Clara Pacotte
    Friday 15 December 18h30- 20h00

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SPEAKING VOLUMES
PUBLIC PROGRAM
September-December 2017

RESIDENCY — ISELP
Summer 2017

The project Speaking Volumes exists through different formats: a research and writing residency during the summer 2017 at ISELP in Brussels, a series of four public events following the residency, from September to December 2017 — conversations — in which guests are invited, and four publications distributed at each event.

A spatial display was also elaborated during the residency, and used as a set for the conversations. It allows different formats of publications to meet: books, performances, readings, videos…

ÉVÉNEMENTS À VENIR

  • Speaking Volumes, conversation n°2 — Strictly Ballroom with Buenos Tiempos, Int.
    Vendredi 20 octobre 18h30-20h00
  • Speaking Volumes, conversation n°3 — Zines Nina Nijsten, aka Nina Echozina
    Vendredi 10 novembre 18h30-20h00
  • Speaking Volumes, conversation n°4 — Cave Club with Roxanne Maillet & Clara Pacotte
    Vendredi 15 décembre 18h30- 20h00

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SPEAKING VOLUMES
PROGRAMME PUBLIQUE
septembre-décembre 2017

RÉSIDENCE — ISELP
été 2017

Le projet Speaking Volumes existe à travers différents formats: une résidence de recherche et d’écriture durant l’été 2017 à l’ISELP à Bruxelles, une série de quatre événements publics suivant la résidence, de septembre à décembre 2017 en conversation avec des invité.e.s, et quatre publications distribuées à chaque événement.

Un dispositif spatial, également élaboré pendant la résidence, est utilisé pendant les conversations, permettant de faire se croiser plusieurs formats de publications: éditions, performances, lectures, vidéos…

Speaking Volumes, 1980

One of the starting points of the research is the invitation card of an artists’ books exhibition at the A.I.R. Gallery in New York in 1980, called Speaking Volumes.

“Speaking Volumes: Women’s Artists Books”
Opening June 3 - June 21
– What does that mean ?
– It means books that say something
Organized by Lucy R. Lippard with lots of help Come + read
A.I.R. Gallery 97 Wooster St NYC

Invitation card for the exhibition Speaking Volumes, A.I.R. Gallery, 1980 (Fales Library & Special Collections, New York, A.I.R. Gallery archives, Box: 11 Folder: 439 “Speaking Volumes: Women Artists’ Books” curated by Lucy Lippard June 3-21, 1980)

True to the exhibition’s title, the invitation card says a lot, both on the books presented, but also on the spirit of dialogue that this exhibition proposed and also the way it was made. The backcover tells us that the show was a collective effort, organized by Lucy Lippard, with lots of help. There is a focus on a content that addresses the public: books say things, and it is important to come and read. The notion of community is present at many levels in the image: in the figure reading the book, but also the ones that are suggested through the use of speech balloons. Conversation is central and can take many forms (internal, out loud), including humans and objects.

Un des objets et points de départ de cette recherche est le carton d’invitation d’une exposition de livres d’artistes à la A.I.R. Gallery à New York en 1980 intitulée Speaking Volumes.

“Speaking Volumes: livres d’artistes par des femmes”
vernissage 3-21 juin
– Qu’est-ce que ça veut dire ?
– Ça veut dire des livres qui disent des choses
Organisé par Lucy R. Lippard avec beaucoup d’aide
Venez et lisez
A.I.R. Gallery 97 Wooster St NYC

Carton d’invitation à l’exposition Speaking Volumes, A.I.R. Gallery, 1980 (Fales Library & Special Collections, New York, A.I.R. Gallery archives, Box: 11 Folder: 439 “Speaking Volumes: Women Artists’ Books” curated by Lucy Lippard June 3-21, 1980)

Fidèle au titre de l’exposition, son carton d’invitation en dit long sur les livres présentés, mais aussi sur l’esprit de dialogue que cette exposition propose, et sur la façon dont l’exposition a été conçue. La quatrième de couverture du livre esquissé sur le carton nous dit que l’exposition a été conçue de manière collective, par la curatrice et critique Lucy Lippard, avec beaucoup d’aide. L’accent est mis sur un contenu qui s’adresse au public, le fait que les livres disent des choses et sur l’importance de venir et lire. La notion de communauté est présente à plusieurs niveaux, par le personnage qui est représenté sur le carton, mais aussi par le(s) personne(s) suggérées par l’utilisation de bulles de bande dessinée. Le dialogue y prend plusieurs formes, interne et à voix haute. Il inclut les personnes humaines et les objets.

anonymous note, first
conference on artists books, 1970

Julia Bryan-Wilson, one of the contributors of the exhibition catalogue on the work of Seth Siegelaub at the Stedelijk Museum in 2016, addresses a critique to the non-inclusive approach of Siegelaub, one of the “fathers” of the artists’ books. She mentions, among other things, a note that was written during the first conference on artists’ books, organized by Siegelaub in Halifax in 1970. The note highlights the absence of women in the conference and beyond. It is hard to know if the discussion happened, I didn’t find any trace of it.

Please discuss the reason for the absence of female artists. (Not only in this conference but also internationally known.)

Anonymous handwritten note, 1970 (exhibition catalogue Seth Siegelaub: Beyond Conceptual Art, Sara Martinetti & Leontine Coelewij (eds), Stedelijk Museum, 2016)

note anonyme, première
conférence sur le livre d’artiste, 1970

Julia Bryan-Wilson, une des contributrices au catalogue de l’exposition sur l’œuvre de Seth Siegelaub au Stedelijk Museum en 2016, porte un regard critique sur l’approche peu inclusive de Siegelaub, un des « pères » du livre d’artiste. Elle mentionne notamment une note manuscrite anonyme prise lors de la première conférence sur le livre d’artiste organisée par Siegelaub à Halifax en 1970, qui soulève l’absence de femmes dans cette conférence et au delà. Difficile de savoir si cette discussion a eu lieu — je n’en ai pas trouvé de trace.

Merci de discuter la raison de l’absence de femmes artistes. (non seulement dans cette conférence mais aussi internationnalement « connues ».)

Note manuscrite anonyme, 1970 (catalogue de l’exposition Seth Siegelaub: Beyond Conceptual Art, Sara Martinetti & Leontine Coelewij (eds), Stedelijk Museum, 2016)

The two documents — the note and the exhibition card — aren’t isolated examples; on the contrary, they are part of a whole field. Publishing was very important for the feminist movements of the years 70-80, in general and in the artistic practices linked to them. The Woman’s Building (founded in 1973 by artist Judy Chicago, graphic designer Sheila Levrant de Bretteville, art historian Arlene Raven) and its book workshop, and the project Heresies, A Feminist Publication on Art and Politics (1977-1992) are two of such examples of feminist publishing practices in the arts.

“Books and publishing were very much at the forefront of second-wave feminism. Feminist publishing was seen as a critical antidote to the silencing women had experienced in the realm of mainstream trade and academic publishing. [It] provided an important model for the newly essential dissemination of information and narrative about gendered issues”.

From Site to Vision: the Woman’s Building in Contemporary Culture, OTIS, 2011, p.271.

This research project interrogates the influence of this history for contemporary feminism and independent publishing, and the and the intersection thereof. Despite the oblivion in which these practices seem to have fallen, we can see an echo between the feminist practices of the years 70-80 and contemporary editorial practices. They share issues of representation (of communities, for instance); protocols of collective work and participative propositions; the questioning of the traditional creation structures (structured around the figure of the Author, individual genius, concealing the ecosystem and the chain of production which it is part of); the highlighting of relational questions through the emphasis on distribution and sharing; the commoning of tools; the blurring of boundaries between art and activism.

At the same time, some contemporary practices put new imperatives on the table: the need for publishing to be intersectional (crossing questions of gender, race, class, age…), queer and post-colonial, free and open-source, hybrid — these are important paradigms, that need to encounter the feminist approaches and questions seen before.

This project will make the two documents meet — the note and the card — to deploy their histories, and re-open the discussion around the questions they still ask today.

Les deux documents à l’origine de cette recherche ne sont pas des exemples isolés ; au contraire, ils font partie d’un véritable champ. L’édition a été très importante pour les mouvements féministes des années 70-80, de manière générale et dans les pratiques artistiques qui y étaient liées : le Woman’s Building, fondé en 1973 par l’artiste Judy Chicago, la graphiste Sheila Levrant de Bretteville, l’historienne de l’art Arlene Raven, et son atelier spécialisé dans la production de livres ; le projet Heresies, A Feminist Publication on Art and Politics (1977-1992) sont des exemples de pratiques féministe de l’édition dans le champs de l’art.

« Les livres et l’édition étaient vraiment au premier plan de la seconde vague du féminisme. L’édition féministe était vue comme une antidote critique au silence que les femmes se sont vues imposer dans le domaine des échanges mainstream et de l’édition académique. [Cela] a permis un modèle important pour les nouvelles disséminations de l’information et des récits à propos des problématiques de genre. »

Traduit du livre From Site to Vision: the Woman’s Building in Contemporary Culture, OTIS, 2011, p.271.

Ce projet de recherche interroge l’influence de cette histoire dans nos pratiques contemporaines. Car malgré l’apparent oubli dans lequel ces pratiques sont tombées, on peut voir un écho entre les pratiques féministes des années 70-80 et les pratiques éditoriales contemporaines. Des deux côtés, ces pratiques sont caractérisées par un questionnement des structures traditionnelles de la création (fondées sur la figure de l’Auteur, individu génie, masquant l’écosystème et la chaîne de production dont il fait partie) ; des protocoles de travail collectifs ; la mise en avant des questions relationnelles, de la diffusion et du partage au sein de plusieurs communautés ; et la mise en commun d’outils et de pratiques transdisciplinaires.

En même temps, certaines pratiques contemporaines posent de nouveaux impératifs, comme la nécessité pour l’édition d’être intersectionnelle (croisant des questions de genre, de race, de classe, d’âge...), queer et post-coloniale, libre et open source, hybride — paradigmes très importants et qu’il est urgent d’articuler avec les problématiques féministes relevées ci-dessus.

Il s’agira de faire se rencontrer les deux documents — la note prise à la conférence Halifax et le carton d’invitation à l’exposition Speaking Volumes —, d’en déployer les histoires, et de ré-ouvrir la discussion autour des questions qu’ils posent encore aujourd’hui.

CREDITS

Speaking Volumes
June-December 2017

Typefaces:
Junction, by Caroline Hadilaksono
Caladea, by Carolina Giovagnoli & Andres Torresi

Assembled by:
Loraine Furter

With the support of ISELP

Guests:
Pascale Barret
Alberto Garciá del Castillo
Jessica Gysel
Roxanne Maillet
Nina Nijsten
Clara Pacotte
Gaëlle Reynaud
Joëlle Sambi
Marnie Slater

Hybrid display:
Created in collaboration with Elsa Maury and Marie Laetitia Cianfarini.
With the precious help of Sami Boulares and Fabrizio Romanelli.

Many thanks to all the persons who contributed in any way to this project, and particularly to:
Florence Cheval, her follow-up, our discussions and her support during the whole residency.
Naima Sediki, Sami Boulares and Fabrizio Romanelli, Antoine Debeauvais and Sophia Wanet, and Michèle Stanescu for their care.
Eric Schrijver, for everything.
Daphné de Hemptinne, Laurence Rassel and Raphaël Pirenne, for their support and good advice at the begining of this project.
Jérôme Dupeyrat, AA Bronson, for their help in contacting Lucy Lippard and their encouragements, and finally Lucy Lippard.

CRÉDITS

Speaking Volumes
juin-décembre 2017

Typographies :
Junction, par Caroline Hadilaksono
Caladea, par Carolina Giovagnoli & Andres Torresi

Assemblé par :
Loraine Furter

Avec le soutien de l’ISELP

Intervenant.e.s :
Pascale Barret
Alberto Garciá del Castillo
Jessica Gysel
Roxanne Maillet
Nina Nijsten
Clara Pacotte
Gaëlle Reynaud
Joëlle Sambi
Marnie Slater

Dispositif hybride :
Créé en collaboration avec Elsa Maury et Marie Laetitia Cianfarini
Avec l’aide précieuse de Sami Boulares et Fabrizio Romanelli

Mille mercis à tou.te.s les personnes ayant contribué de près ou de loin à ce projet, et particulièrement à :
Florence Cheval, pour son accompagnement, nos échanges et son soutien tout au long du projet.
Naima Sediki, Sami Boulares et Fabrizio Romanelli, Antoine Debeauvais et Sophia Wanet, et Michèle Stanescu pour leur attention.
Eric Schrijver, pour tout.
Daphné de Hemptinne, Laurence Rassel et Raphaël Pirenne, pour leur soutien et leurs conseils avisés aux débuts de ce projet.
Jérôme Dupeyrat, AA Bronson, pour leur aide à contacter Lucy Lippard et leurs encouragements, et finalement Lucy Lippard.